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ZE MANEL

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Zé Manel est né à Bissau, capitale, le 22 mai 1957. A 6 ans, il monte un groupe pour jouer dans les campements scouts. Rapidement, le groupe fut amené à jouer pour des mariages, baptêmes et fêtes d’anniversaires, avec un tel professionnalisme de la part des membres que certains furent contraints de quitter ce projet.
A 7 ans, le jeune Zé, jouant de la batterie et de la guitare acoustique, devint la principale attraction du groupe nommé Super Mama Djombo en référence à l’esprit féminin d’un lieu sacré d’offrandes. Quand la Guinée-Bissau obtint son indépendance face au Portugal quelques années plus tard, l’orchestre Mama Djombo devint un vecteur fondamental de l’expression de la nouvelle identité nationale.

La pression du succès causa la fin du groupe au milieu des années 80. En 1982, Zé sorti son premier album solo « Tustumunhos di aonti » (Témoignage d’hier), qui tira la sonnette d’alarme devant la formation d’une nouvelle classe dominante répressive. Cet album fut un événement national (les habitants de Guinée-Bissau chantent encore aujourd’hui les chansons de cet album empreint d’esprit et de pertinence), mais la situation politique était alors en ébullition et les fans de Manel s’inquiétèrent pour sa sécurité. Il était devenu très facile de disparaître. Il reçut une bourse pour étudier à l’étranger, un des moyens les plus doux d’écarter les dissidents au régime.
Manel quitta la Guinée-Bissau pour un conservatoire portugais afin d’étudier la musique classique, l’opéra et le piano. Une fois ses études terminées, il passa une année à jouer sur la scène parisienne, puis parti pour Oakland (Californie) pour créer un studio.
 
La sorti du second album de Manel, Maron di Mar, marque son retour en Guinée-Bissau pour la première fois depuis 1983. Cet album toucha droit au cœur des gens d’ici et, une fois de plus, Manel devint un héros national. Cette lutte pour la dignité et ces nouvelles aspirations qui donnèrent naissance à la révolution sont toujours d’actualité, tout comme cette société qui œuvre pour affirmer son identité et proclamer la démocratie.
Grâce à Zé Manel, la musique créole soutient encore une fois ce combat en proposant une alternative aux discours officiels.